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AUTOUR
DES SPECTACLES

Refaire le monde

 

Nous avons plus que jamais besoin de théâtre.
Envahi par les images, submergé de nouvelles, noyé dans les commentaires des réseaux sociaux, voilà notre imaginaire débordé plus que débordant.
Besoin de temps, besoin d’espace, besoin d’art pour digérer tous les sujets qui nous assaillent, des questions environnementales aux violences migratoires en passant par la guerre des genres ! Besoin de se divertir aussi.
L’occasion de se redire à quel point le théâtre est une chance : pendant quelques heures, il nous rassemble, en vrai, pour partager des histoires qui dessinent notre présent ou nos destins possibles – ici et ailleurs.


Ainsi, confronté au théâtre documentaire plein d’émotion de Massimo Furlan ou à la danse métaphorique de la compagnie Linga, le sort des exilés prend-il une toute autre dimension ; côté écologie, l’odyssée verte de Domenico Carli réinterroge l’Antiquité pour réfléchir à notre présent, tout comme Heidi Kipfer se plonge dans les utopies pirates d’un autre temps pour imaginer, en musique, un monde meilleur. La déferlante #metoo ? Elle prend ici le contrepied chez Yvette Théraulaz qui donne la parole aux hommes dans ses Histoires d’Ils, ou dans Frustrée !, où Latifa Djerbi interroge avec autodérision le formatage social des femmes. Quant à notre société pétrie de paradoxes, elle en prend pour son grade dans des comédies de mœurs mordantes : haro sur la famille bobo avec le célèbre collectif belge TG Stan, les parents surprotecteurs chez Nalini Menamkat, l’échangisme bourgeois chez Antoine Jaccoud et Matthias Urban, le monde du travail impitoyable chez Diane Müller ou dans l’insolite spectacle d’humour dansé de Kiyan Khoshoie, Grand Ecart


Le répertoire viendra résonner cette saison avec fracas et à propos : on verra des adaptations féroces des maîtres de l’absurde (Ionesco, Vian, Mayenburg), des classiques indémodables (Kleist, Hugo, Shakespeare, Marivaux), et des écritures contemporaines comme Benoît Solès et sa formidable Machine de Turing ! Quant aux arts du cirque, ils continueront à dynamiter les codes de la représentation : bienvenu à cet égard au champion médaillé de monocycle Joachim Ciocca qui viendra créer Losing Ground au TBB.


Au mois de mars, À VRAI DIRE, le nouveau festival dédié aux autofictions s’étalera sur neuf jours grâce à un programme festif et original, en complicité avec le Théâtre de L’Echandole – lequel partage désormais sa Carte Famille avec le TBB.
Soyez toutes et tous les bienvenus pour cette nouvelle saison !

Georges Grbic

«De tous temps les enfants ont apporté cela au théâtre : savoir jouer très sérieusement et très naïvement pour construire leur compréhension du monde.»

Trois questions à Georges Grbic
qui crée Les Deux Frères au TBB

Comme votre premier spectacle destiné aux enfants (Les Trois petits cochons de Noëlle Revaz en 2015), Les Deux Frères s’inspire d’un célèbre conte populaire et ancien. Pour vous, les enfants d’hier sont-ils les mêmes que ceux d’aujourd’hui ?
Bien sûr que non, aucune génération ne ressemble à la précédente – heureusement ! Je crois profondément à l’évolution des esprits, à une envie profonde des humains d’avancer vers un futur meilleur, et j’en veux pour preuve les insurrections des jeunes gens qui manifestent aujourd’hui pour le climat. Evidemment, l’être humain est paradoxal, et ses décisions ne vont pas toujours dans le bon sens, chaque époque apporte ses crises, ses coups de frein ou ses développements spectaculaires.

Lorsqu’on est artiste, et que l’on partage une passion pour un art ancestral comme le théâtre, on a cette chance incroyable de porter un regard sur notre société à travers le prisme d’une œuvre passée. Cette expérience, à l’image d’un bain révélateur pour la photographie (et beaucoup d’enfants ici se demanderont de quoi je parle !), témoigne de ce qui nous unit fondamentalement, une mémoire, et les questions encore ouvertes qui nous engagent pour nos propres choix d’un avenir collectif.

Les enfants d’aujourd’hui vivent dans une société saturée d’informations, avec une réalité du monde qui leur saute aux yeux à peine un écran allumé. Les fictions déboulent à coup de centaines d’heures de dessins animés, de jeux vidéo. Ce sont des expériences d’apprentissage du monde très particulières liées à notre temps, très stressantes aussi, car l’expérience frôle souvent un infini que d’autres époques racontaient de manière plus poétique, moins triviale. Je pense que de tous temps les enfants ont apporté cela au théâtre : savoir jouer très sérieusement et très naïvement pour construire leur compréhension du monde. Ce que le théâtre peut leur apporter aujourd’hui, ces sont des espaces de jeu libérés des contraintes du réel, de la technologie, des univers préétablis. Leur raconter un récit aussi fondamental qu’un conte, c’est leur faire partager le pouvoir de la parole pour enclencher l’imaginaire « Il était une fois... », et la joie de la mise en jeu du corps, qui joue, danse, saute et se contorsionne au bonheur de ses rêves.

Avec votre double casquette de directeur du Théâtre Benno Besson et de metteur en scène en création, que signifie pour vous ouvrir la saison 19/20 avec un tel spectacle ?
Oh, il ne faut pas chercher un sens trop caché : le TBB offre simplement plus de disponibilité en matière de lieu de répétition et de temps de travail en début de saison pour préparer un spectacle ! Mais aussi, j’espère que le public, tous les publics – et les enfants les premiers – seront sensibles au fait que le TBB est dirigé par quelqu’un qui porte un regard professionnel et exigeant sur les arts de la scène, et qui s’implique dans la programmation des saisons avec la même passion qu’il monte un spectacle, avec cette envie profonde et chaleureuse de partager ses interrogations sur le monde, et son plaisir naïf de spectateur !

Cinq mots pour décrire votre spectacle ? 
Invention, émotion, voyage, suspense et humour.

 

Trois questions
à Yvette Théraulaz
qui crée Histoires d’Ils au TBB

Depuis Histoires d’Elles créé il y a une douzaine d’années, qu’est ce qui a changé, dans votre vie et sur les planches ?
Histoires d’Elles – aussi un spectacle musical –, était construit autour de la figure de ma mère, femme née en 1920 qui n’a obtenu le droit de vote qu’à l’âge de 51 ans. Je tricotais l’histoire singulière d’un destin de femme avec celui de la grande histoire : celle du combat des femmes pour leurs droits et leur dignité. C’était comme une évidence pour moi, après plus de 40 ans consacrés aux femmes dans tous mes spectacles, de donner la parole aux hommes, surtout en ces temps troublés de #metoo. J’ai eu besoin d’aller à leur rencontre : mon père, mon fils, les hommes de ma vie, de m’entretenir avec eux, de recueillir leurs paroles, leurs peurs, leurs difficultés face aux femmes qui depuis les années 70 opèrent un changement historique.
Et puis, entre deux, j’ai abordé avec humour dans Comme un vertige (2011) le temps qui passe et l’apprivoisement de la mort. Puis l’histoire d’une vie, des spermatozoïdes au tombeau, dans Les Années (2014) et enfin Ma Barbara (2017), que j’ai eu la joie de chanter au TBB la saison dernière. Et dans la vraie vie, j’ai deux petites filles.


Qu’est-ce que cela signifie pour vous de venir créer votre spectacle au Théâtre Benno Besson ?
D’abord, à l’âge de 14 ans, j’ai joué dans Sainte Jeanne des abattoirs de Bertolt Brecht, mis en scène par Benno Besson ! Puis j’ai eu le privilège de donner plusieurs spectacles au TBB ces dernières années. Je me réjouis d’y créer Histoires d’Ils, et espère ne pas décevoir le public, surtout après l’accueil si chaleureux qu’il a réservé à Ma Barbara.

Les hommes ?
Ils ont croisé ma vie.
Au seuil de la dernière danse, je me retourne et je me souviens.
Au commencement il y a mon père : le premier homme qui m’a prise dans ses bras.
Puis il y a l’autre homme de ma vie : mon fils devenu père à son tour.
Entre mon père et mon fils il y aura : le premier amour, l’homme du train, le jeune amant, le professeur prédateur, l’écrivain qui console, l’homme blessé, le misogyne effrayé, le chanteur amoureux de la poésie, l’ami timide, le professeur de musique, l’homme en colère et tous les autres. La voix des hommes, le corps des hommes. Leurs peurs, leurs fragilités et leurs forces. Un voyage pour atteindre l’autre rivage et pour découvrir au bout du chemin que l’un est l’autre et que nous aspirons tous, autant que nous sommes, à la joie et à la gratitude.

Portrait

Après des études musicales, Yvette Théraulaz suit des cours à l’École romande d’art dramatique au Conservatoire de Lausanne dont elle sort diplômée en 1964, et passe un an chez Tania Balachova à Paris. Très rapidement, elle s’engage dans des aventures théâtrales ayant une dimension sociale, voire politique. Dès 18 ans et pour quelques années, elle joue au Théâtre Populaire Romand puis, à l’âge de trente ans, fait ses débuts dans la chanson. A la fois chanteuse, pianiste et comédienne, elle jongle entre théâtre, théâtre musical et récitals en Suisse et à l’étranger. Une carrière immense et pleine d’humanité, que viennent récompenser plusieurs prix prestigieux.